Une idée, comme un mot au bord des lèvres. Une brume de pensées inconnues, quasi-invisibles. Elle est là, tu la tiens presque, au bord de ton esprit. Tu souhaites creuser, ramasser les fleurs, remuer la terre, sortir des perles rares.

Sur la falaise, tu lances tes bras maladroits à la recherche de papillons frivoles. Tu cherches. Tes mains se referment sur un vide frustrant. Elles sont presque là ces phrases, prêtes à s’écouler tel un torrent d’encre mielleux sur ces rocs blancs et vierges.

Mais la torpeur ne cesse de t’enlacer et les phrases finissent en courant d’air, te claquant la porte de l’imagination. Le temps érode tes mains et ta créativité. Les lamentations sont vaines puisque l’inaction reste ta maîtresse. Tu te planques donc, en attendant les mots salvateurs qui ne viendront pas.

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